Wole Soyinka disait, à propos de la négritude : « Le tigre dans la forêt ne clame pas sa “tigritude”. Il se contente de bondir sur sa proie. »

À lire aussi de Edouard Glissant

Jusqu'à l'époque où elle prononça cet anathème sur les mères qui étouffent leurs enfants, sur les frères qui marquent les frères comme des mulets d'habitation. Qu'est – ce qu'elle raconte, mais vraiment qu'est – ce qu'elle raconte ? [...] L'unanimité se fit contre elle, pour conclure qu'avec de telles idées la folie n'est pas loin.
Les habitants de ce pays furent transportés d'Afrique dans ce qu'on appelait le Nouveau – monde sur des bateaux négriers où ils mourraient en tas. On n'ose estimer à près de cinquante millions le nombre d'hommes de femmes et d'enfants qui furent ainsi arrachés à la Matrice et coulèrent au fond de l'océan ou furent échoués comme écume au long des côtes amérindiennes.
C'est seulement un imaginaire du monde, c'est-à-dire une conception de la mondialité, qui nous permettra de lutter contre les aspects négatifs de la mondialisation. Je crois qu'il faut adopter le principe : agis dans ton lieu, pense avec le monde. C'est cela la mondialité. Une politique du monde qui s'oppose aux aspects négatifs de la mondialisation.
Elle tient registre des pans incohérents du récit, les faisant précéder du nom de l'informatrice du jour. Elle savait donc écrire, final de compte. Chaque épisode était orthographié sur une bande de papier qu'elle collait ensuite à l'amidon dans un registre de toile écrue.
Anatolie fut assailli au sortir d'une ribambelle et jeté dans un puits tari où le colon avait déjà (depuis l'Abolition) fait précipiter deux ou trois frères ou concubins de ses femmes.
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Les non-dits, en ce qui concerne l'esclavage, sont innombrables. D'abord de la part des descendants d'anciens esclaves, dont certains ne veulent pas entendre parler de ce passé. C'est un non-dit très grave, car il laisse en suspens quelque chose qui n'est pas résolu. Du côté des descendants des anciens esclavagistes, le non-dit est tout aussi présent. Il y a des maladies de la mémoire. Tant individuelles que collectives.
La leçon des deux derniers siècles, c'est que l'on ne peut pas prédire. Nous pouvons agir dans l'instant, dans le lieu, mais nous ne pouvons prédire ce qui va se passer dans le monde. Si nous commençons à le faire, nous retournerons, à mon avis, en arrière.
La mondialisation est désormais un fait. On ne peut vivre chacun isolément: nos destins sont mélangés
C'est seulement un imaginaire du monde, c'est-à-dire une conception de la mondialité, qui nous permettra de lutter contre les aspects négatifs de la mondialisation. Je crois qu'il faut adopter le principe : agis dans ton lieu, pense avec le monde. C'est cela la mondialité. Une politique du monde qui s'oppose aux aspects négatifs de la mondialisation.
Qu'est-ce que la créolisation ? C'est un mélange inextricable de cultures dont on ne peut prédire à l'avance les résultantes. Ce phénomène appelle une nouvelle manière de penser, rompant avec l'ancienne qui consistait à réagir en disant : « Je ne veux pas de ça car cela ne vient pas de chez moi. » Je crois cette notion de créolisation utile pour penser le monde d'aujourd'hui. Mais je suis opposé à l'idée de créolité, qui fixe et fige sur l'ancien mode identitaire.