L'humanisme (l'élection de l'homme) commencera ainsi d'être battu en brèche et, ce qui nous intéresse ici, l'homme occidental aura peu à peu et à grande douleur cessé de croire qu'il est lui-même au centre de ce qui est.
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La leçon des deux derniers siècles, c'est que l'on ne peut pas prédire. Nous pouvons agir dans l'instant, dans le lieu, mais nous ne pouvons prédire ce qui va se passer dans le monde. Si nous commençons à le faire, nous retournerons, à mon avis, en arrière.
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À lire aussi de Edouard Glissant
Euloge avait une machine dans le ventre qui le faisait blanchir chaque fois que quelqu'un s'opposait à lui ou tout bonnement mettait un peu de désordre alentour.
On conte qu'elle refusa de voir le corps de Donou, qu'elle balbutia quelque chose sur la surface des eaux, la surface des eaux profondes, et qu'elle tomba en léthargie.
La vie passée, les arbres tombés, les amours bannies ne nous apparaissent pas dans la clarté sculptée des choses connaissables. Quelle nuit et quelle lumière se sont – elles nouées pour nous cacher le sens et nous donner l'ardeur de ce temps ?
Les engagés blancs ne s'intéressaient pas à elle, rebutés par l'annonce de son état ; le propriétaire attendait la naissance du nouvel esclave, tout ravi de cette augmentation de capital qui n'avait entraîné aucune dépense ni demandé quelque aménagement que ce fût.
Dans la même œuvre
Les non-dits, en ce qui concerne l'esclavage, sont innombrables. D'abord de la part des descendants d'anciens esclaves, dont certains ne veulent pas entendre parler de ce passé. C'est un non-dit très grave, car il laisse en suspens quelque chose qui n'est pas résolu. Du côté des descendants des anciens esclavagistes, le non-dit est tout aussi présent. Il y a des maladies de la mémoire. Tant individuelles que collectives.
Wole Soyinka disait, à propos de la négritude : « Le tigre dans la forêt ne clame pas sa “tigritude”. Il se contente de bondir sur sa proie. »
La mondialisation est désormais un fait. On ne peut vivre chacun isolément: nos destins sont mélangés
C'est seulement un imaginaire du monde, c'est-à-dire une conception de la mondialité, qui nous permettra de lutter contre les aspects négatifs de la mondialisation. Je crois qu'il faut adopter le principe : agis dans ton lieu, pense avec le monde. C'est cela la mondialité. Une politique du monde qui s'oppose aux aspects négatifs de la mondialisation.
Qu'est-ce que la créolisation ? C'est un mélange inextricable de cultures dont on ne peut prédire à l'avance les résultantes. Ce phénomène appelle une nouvelle manière de penser, rompant avec l'ancienne qui consistait à réagir en disant : « Je ne veux pas de ça car cela ne vient pas de chez moi. » Je crois cette notion de créolisation utile pour penser le monde d'aujourd'hui. Mais je suis opposé à l'idée de créolité, qui fixe et fige sur l'ancien mode identitaire.