Vu au microscope, l'amour est un pullulement d'erreurs, de faux pas, de désaccords.

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Les maux réels affectent moins les hommes que l'idée qu'ils se font de leur condition.
Je crois qu'on trouverait dans certaines conditions d'existence, dans certains rapports avec la famille surtout, la raison d'être de beaucoup d'oeuvres et aussi la cause qui en a détruit dans le germe un bon nombre.
Nous avons peu de goûts réels. Parfois, nous croyons aimer ce que nous détestons et nous souffrons de ce qui nous est bon; la sensibilité inconsciente complique beaucoup les sentiments. Il y a d'étranges méprises dans le bonheur comme dans le malheur.
L'amour, au contraire, apporte une vive conscience de son objet; il veut la présence entière. Cela n'est pas supportable longtemps.
Comme l'enfant, l'écrivain grandit par bonds; il est à la merci de souffles mystérieux. Rien ne décèle ce qu'il sera demain, rien ne lui annonce ce qu'il va écrire, ni l'ascension prochaine, ni l'échec; du moins quand il a du génie, comme l'enfant.
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L'amour, au contraire, apporte une vive conscience de son objet; il veut la présence entière. Cela n'est pas supportable longtemps.
C'est vrai, on n'aime qu'une fois. Il y a un sentiment qui épuise à jamais, qui brûle tout. On en sort avec l'épouvante de l'amour.