Nous avons peu de goûts réels. Parfois, nous croyons aimer ce que nous détestons et nous souffrons de ce qui nous est bon; la sensibilité inconsciente complique beaucoup les sentiments. Il y a d'étranges méprises dans le bonheur comme dans le malheur.

À lire aussi de Jacques Chardonne

On abîme la vie en acceptant n'importe quoi à la place du meilleur.
Il semble que rien ne soit plus déterminé que notre caractère et plus difficile à modifier qu'un penchant ou un trait de notre nature.
Lorsqu'un homme atteint un certain niveau social, c'est-à-dire certain affinement intellectuel, il ne pâtit plus des accidents de la fortune. Il appartient, à jamais, à cette classe privilégiée où les signes extérieurs de la réussite ne comptent guère.
C'est la solitude qui pouvait encore m'intéresser. Elle m'intrigue comme ces temples orientaux interdits aux profanes. La solitude, je pense, est propice aux révélations de l'esprit.
Le passé n'est jamais tout à fait révolu quand il a duré ; c'est le présent qui parfois se dissipe sous nos yeux, faute de prises.
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Dans la même œuvre

Il faut avoir le courage d'abandonner ses enfants; leur sagesse n'est pas la nôtre.
L'amour, c'est beaucoup plus que l'amour.
La paresse est nécessaire. Il faut la mêler à sa vie pour prendre conscience de la vie.
Le couple, c'est autrui à bout portant. Choisir c'est se livrer.
Le monde est plein de braves gens qui ne voient partout que des gredins.