Une partie de mes influences viennent de la littérature française.

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J'aime aussi écrire les conversations, de longs dialogues dans lesquels se mêlent les mots prononcés et tout ce qui n'est pas dit mais se déchiffre entre les lignes. Mais, là encore, il faut savoir rester mesuré, même si ce n'est pas ma pente naturelle. Lire de la poésie m'aide à cela : ne pas trop écrire, rester sobre, chercher la concentration, la compression, comme font les poètes.
Et quand on y pense, la discrimination positive est une expression curieuse. C'est l'inégalité au service de l'égalité.
Le mot révolution ne signifie pas que celui qui gueule le plus fort se hisse au sommet pour toujours, mais simplement que la roue a fait un tour complet, qu'un tour de manivelle renverse les oppresseurs. Et quand on y pense, la discrimination positive est une expression curieuse. C'est l'inégalité au service de l'égalité.
On représente souvent la littérature comme une pyramide au sommet de laquelle il y a les grands auteurs, ceux qu'on doit absolument lire, puis tous les autres, qu'on peut oublier. Je ne vois pas vraiment les choses ainsi.
J'ai commencé à écrire jeune, en réalité. Mais j'ai commis des erreurs. En me croyant d'abord destiné à la poésie, mais ce n'était pas le cas. Ensuite, en me tournant vers le roman expérimental, dans lequel je voyais, grâce à la révolution des formes de représentation du monde, la promesse d'un possible changement dans la façon dont l'homme pense et voit le monde. L'expérimentation en art est indispensable, et je ne regrette pas d'être passé par cette phase, mais dans mon cas, c'était une illusion, une nouvelle erreur de parcours. J'y ai perdu du temps, sans doute, mais c'est ainsi.
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Dans la même œuvre

L'amour et l'amitié sont aussi des utopies.
Pour parvenir à écrire court, le romancier doit lutter contre le réalisme.
Je me croyais destiné à la poésie, mais ce n'était pas le cas.
C'est un de mes thèmes récurrents : l'utopie politique, l'idéalisme et ce qu'il devient lorsqu'il est confronté au réel. Même si le monde est désormais très hostile à cette idée d'utopie, même si sa défaite est une des caractéristiques essentielles de notre temps, et la source des problèmes géopolitiques contemporains majeurs, au fond, j'y crois encore. C'est une conviction ancienne.
J'ajouterai que l'utopie est aussi un motif romanesque intéressant, quand on veut conjuguer le décryptage du monde et celui de l'intimité. Parce qu'après tout l'amour et l'amitié sont aussi des utopies.