J'aime aussi écrire les conversations, de longs dialogues dans lesquels se mêlent les mots prononcés et tout ce qui n'est pas dit mais se déchiffre entre les lignes. Mais, là encore, il faut savoir rester mesuré, même si ce n'est pas ma pente naturelle. Lire de la poésie m'aide à cela : ne pas trop écrire, rester sobre, chercher la concentration, la compression, comme font les poètes.

À lire aussi de Norman Rush

Pour parvenir à écrire court, le romancier doit lutter contre le réalisme. Car il n'y a techniquement aucune limite à ce que vous pouvez décrire : trente pages ne suffisent pas à dire une toute petite pièce vide.
J'ajouterai que l'utopie est aussi un motif romanesque intéressant, quand on veut conjuguer le décryptage du monde et celui de l'intimité. Parce qu'après tout l'amour et l'amitié sont aussi des utopies.
Dans le camp masculin. Ils ne cherchent jamais l’amour pour l’amour, jamais. Ils cherchent des femmes.
Et quand on y pense, la discrimination positive est une expression curieuse. C'est l'inégalité au service de l'égalité.
Je me croyais destiné à la poésie, mais ce n'était pas le cas.
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L'amour et l'amitié sont aussi des utopies.
Pour parvenir à écrire court, le romancier doit lutter contre le réalisme.
Une partie de mes influences viennent de la littérature française.
Je me croyais destiné à la poésie, mais ce n'était pas le cas.
C'est un de mes thèmes récurrents : l'utopie politique, l'idéalisme et ce qu'il devient lorsqu'il est confronté au réel. Même si le monde est désormais très hostile à cette idée d'utopie, même si sa défaite est une des caractéristiques essentielles de notre temps, et la source des problèmes géopolitiques contemporains majeurs, au fond, j'y crois encore. C'est une conviction ancienne.