Le nom de famille vous tombe dessus à la naissance, de plus en plus lourd avec l'âge, comme la pluie qui bruine et s'infiltre sous les vêtements les plus épais.
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Une mère lit dans les yeux de son enfant avant même qu'il sache s'exprimer. Il suffit d'avoir été regardé par un nouveau-né pour savoir que le petit d'homme sait tout de suite lire. Il est même comme les grands lecteurs: il dévore le visage de l'autre.
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À lire aussi de Christian Bobin
On peut fort bien vivre sans âme, il n'y a pas de quoi en faire une histoire, cela arrive très souvent. Le seul problème, c'est que les choses ne viennent plus vers vous, quand vous les appelez par leur nom.
Toutes les fleurs se ruent vers nous en nous léguant de leur vivant leur couleur et leur innocence. Les contempler mène à la vie parfaite.
Ce sont les noms qui font peur. Les choses sans les noms ce n'est rien, pas même des choses.
Il y a deux sortes de personnes à qui il est impossible de faire un cadeau: celles qui ont déjà tous les biens de ce monde et celles qui en sont complètement détachées.
Dans la même œuvre
L'autisme est un soleil inversé: ses rayons sont dirigés vers l'intérieur.
Tous les bébés naissent en temps de guerre et dans des villes en ruine. Sitôt qu'on naît, on reçoit les éboulis de la vie.
Ecrire et voir, c'est pareil, et pour voir, il faut de la lumière. Le paradoxe, c'est qu'on peut trouver de la lumière dans le noir de l'encre.
Le paradis, c'est peut-être être sans défense sans se sentir menacé.
Je rêve de nommer la rose avec la langue qui est la sienne, et pas seulement avec les mots courants.