Elle s'était durcie à son tour tant l'amour se nourrit du sentiment de l'autre. Sans entraînement le coeur se dessèche. On perd toute faculté à partager. On finit par se protéger en se refermant sur ce qu'on a de plus triste : sa solitude.
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Un flic, c'est jamais qu'un voyou qu'a raté sa vocation.
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Le TGI, c'était comme une église, mais sans le moindre dieu à l'horizon. On voulait vous faire croire qu'une instance supérieure, universelle, régnait ici, mais il ne s'agissait que d'hommes déguisés bricolant toute la sainte journée des sentences soi-disant objectives et des châtiments pseudo-équitables. Tout ça était bidon : l'exercice de la loi était toujours corrompu par les faiblesses et les erreurs humaines, celles-là mêmes qui étaient à la source des crimes jugés.
Cette poignée d'homme valeureux brisait à jamais mon infirmité.
Entre 40 et 50 ans, estima Anna, remarquant les paupières flétries, les sillons autour des yeux. Mais on n'appréhendait pas cette femme athlétique en termes d'âge plutôt d'énergie. Ce n'était pas une question d'année mais de kilojoules.
Parfois, commenta-t-il spontanément, la vie ne suffit pas. Je veux dire : la vie banale qui consiste à respirer et à chercher le confort sur terre. Pour certains, l'étoffe doit être plus belle, plus pure, plus héroïque.
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En amour, seuls les actes comptent, les mots ne coûtent rien.
Au Japon, on dit: Les fleurs d'hier sont les rêves d'aujourd'hui. Elle pouvait ajouter: Les fautes d'hier sont les cauchemars d'aujourd'hui.
Tokyo fonctionne à deux vitesses. D'un côté, les artères immenses, les ponts de béton, les marées humaines. De l'autre, les quartiers minuscules, les ruelles obscures flanquées de façades aveugles et de bannières flottantes.
Les Japonais ont une métaphore pour décrire le phénomène: ils se comparent aux bonsaïs, à la fois soutenus et entravés par de minuscules tuteurs. Libérez-les dans la nature et ils se déploient aussitôt. Impossible de les replacer dans leur pot.
Elle s'était durcie à son tour tant l'amour se nourrit du sentiment de l'autre. Sans entraînement le coeur se dessèche. On perd toute faculté à partager. On finit par se protéger en se refermant sur ce qu'on a de plus triste : sa solitude.