Un enfant unique, c'est trop triste. Quand je vois le bonheur que c'est d'avoir un frère ou une sœur, je ne pourrais jamais en priver mes enfants

À lire aussi de Leïla Slimani

L’espace public a longtemps été, et il l’est encore dans de nombreux pays, profondément hostile à la présence des femmes. Car si elles sont entre quatre murs, c’est aussi parce qu’on se méfie d’elles. A l’intérieur, la femme vit sous surveillance. A combien de jeunes filles dit-on : « C’est l’école et la maison » ? On ne craint rien autant que la fille qui traîne, la fille des rues, qui erre sans but et qui met en danger sa vertu.
« Ma nounou est une fée.» C'est ce que dit Myriam quand elle raconte l'irruption de Louise dans leur quotidien. Il faut qu'elle ait des pouvoirs magiques pour avoir transformé cet appartement étouffant, exigu, en un lieu paisible et clair. Louise a poussé les murs. Elle a rendu les placards plus profonds, les tiroirs plus larges. Elle a fait entrer la lumière.
Avoir envie, c'est déjà céder.
A présent que le Maroc est confiné, je me demande si les hommes pensent un peu à toutes celles qui ont intégré l’idée qu’on allait de la maison au travail, du travail au marché, du marché à la maison
Les gens insatisfaits détruisent tout autour d'eux
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Avoir envie, c'est déjà céder. La digue est rompue.
L'amour est là, elle n'en doute pas. Un amour mal dégrossi, victime du quotidien. Un amour qui n'a pas de temps pour lui-même.
Elle voudrait n'être qu'un objet au milieu d'une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Elle veut être une poupée dans le jardin de l'ogre.
Dans son amnésie flotte la rassurante sensation d'avoir existé mille fois à travers le désir des autres.
À quoi servirait de se retenir ? La vie n'en serait pas plus belle. À présent, elle réfléchit en opiomane, en joueuse de cartes. Elle est si satisfaite d'avoir repoussé la tentation pendant quelques jours, qu'elle en a oublié le danger.