Avoir envie, c'est déjà céder.
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L'amour est là, elle n'en doute pas. Un amour mal dégrossi, victime du quotidien. Un amour qui n'a pas de temps pour lui-même.
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C'est simple, ils courent tout le temps. Vous savez quelle est la phrase que les parents disent le plus souvent à leurs enfants ? “ Dépêche-toi !”
Elle se sent sentimentale tout à coup. C'est ça qu'être mère a provoqué. Ça la rend un peu bête parfois. Elle voit de l'exceptionnel dans ce qui est banal. Elle s'émeut pour un rien.
On lui a toujours dit que les enfants n'étaient qu'un bonheur éphémère, une vision furtive, une impatience. Une éternelle métamorphose.
Louise ne peut pas chanter une chanson sans qu'ils la supplient de recommencer, ils exigent l'éternelle répétition de tout, des histoires, des jeux, des grimaces, et Louise n'en peut plus. Elle n'a plus d'indulgence pour les pleurs, les caprices, les joies hystériques.
Dans la même œuvre
Avoir envie, c'est déjà céder. La digue est rompue.
Elle voudrait n'être qu'un objet au milieu d'une horde, être dévorée, sucée, avalée tout entière. Elle veut être une poupée dans le jardin de l'ogre.
Dans son amnésie flotte la rassurante sensation d'avoir existé mille fois à travers le désir des autres.
À quoi servirait de se retenir ? La vie n'en serait pas plus belle. À présent, elle réfléchit en opiomane, en joueuse de cartes. Elle est si satisfaite d'avoir repoussé la tentation pendant quelques jours, qu'elle en a oublié le danger.
L'amour, ça n'est que de la patience. Une patience dévote, forcenée, tyrannique. Une patience déraisonnablement optimiste.