Tout démocrate est un tyran d'opérette.

À lire aussi de Emil Cioran

La sainteté me fait frémir: cette ingérence dans les malheurs d'autrui, cette barbarie de la charité, cette pitié sans scrupules...
Créer c'est léguer ses souffrances, c'est vouloir que les autres s'y plongent et les assument, s'en imprègnent et les revivent.
On ne demande pas la liberté, mais l'illusion de liberté. C'est pour cette illusion que l'humanité se démène depuis des millénaires. Du reste la liberté étant, comme on a dit, une sensation, quelle différence y a-t-il entre être libre et se croire libre ?
Je puis comprendre et légitimer les anomalies en amour et en tout mais qu'il y ait des impuissants parmi les sots, cela me dépasse.
Tant de pages, tant de livres qui furent nos sources d'émotion, et que nous relisons pour y étudier la qualité des adverbes ou la propriété des adjectifs!
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Dans la même œuvre

La sagesse, que rien ne fascine, recommande le bonheur donné, existant; l'homme le refuse, et ce refus seul en fait un animal historique, j'entends un amateur de bonheur imaginé.
A la longue, la vie sans utopie devient irrespirable, pour la multitude du moins: sous peine de se pétrifier, il faut au monde un délire neuf.
Les libertés ne prospèrent que dans un corps social malade: tolérance et impuissance sont synonymes.
Une civilisation se révèle féconde par la faculté qu'elle a d'inciter les autres à l'imiter; qu'elle finisse de les éblouir, elle se réduit à une somme de bribes et de vestiges.
Nous sommes nés pour exister, non pour connaître; pour être, non pour nous affirmer.