Tous les metteurs en scène boivent goulûment à la source de leurs aînés. Et qu'on se rassure, je ne fais pas exception à la règle ! Par exemple, c'est Hitchcock qui m'a donné le goût de tourner vite : lorsqu'en 1962 je l'ai rencontré à Los Angeles, chez Maurice Jarre, il m'a confié que douze à quinze jours lui suffisaient pour mettre un film en boîte. Cela étant, j'ai toujours mis un point d'honneur à éviter le copiage. Parce qu'une copie est toujours plus pâle que l'original. Les mots même de « remake » ou de « reboot » me donnent de l'urticaire !

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Je vais continuer à faire des films jusqu'à ma mort.
J'ai été marié plusieurs fois, mais il y a aussi le pacsage, je me suis marié officiellement 3 fois. Et j'ai été pacsé 2 fois. Et j'ai 17 enfants. Dit-on !
Je n'ai pas le destin de faire de grands films.
La vieillesse ne m'empêche pas de penser à l'avenir.
À cause des thématiques que j'abordais, personne ne me suivait. Quand j'ai voulu faire un « Un drôle de paroissien », ça a été très compliqué car les gens de la télévision me disaient que les catholiques n'iraient pas voir ce film qui parle de profanation. Finalement, ça a été un triomphe. Il a fait 50 millions d'entrées en 50 ans !
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Lorsque la sacro-sainte Académie des arts et techniques du cinéma, qui, jusque-là, avait fait très peu de cas de mon travail, m'a téléphoné pour me proposer un césar d'honneur, je les ai envoyés aux pelotes ! Qu'est-ce que vous voulez que j'en fasse ? La bonne conscience de la profession, je m'assois dessus. Je suis loin de me prendre pour un génie, mais quand Mozart est mort, il a été enterré dans la fosse commune. Alors, un césar...
Les réalisateurs d'aujourd'hui sont tellement inféodés aux exigences racoleuses de leurs producteurs qu'ils finissent par y perdre leur âme.
J'ai beau avoir commencé ma carrière de cinéaste il y a plus d'un demi-siècle, je m'estime moins bon que ceux qui m'ont inspiré. Et mes successeurs sont pires encore. Fritz Lang, Luis Buñuel et Orson Welles ont ouvert la voie. Godard, Chabrol et moi sommes arrivés derrière. Qui saura prendre le relais ?
Aujourd'hui, il est de bon ton, chez les professionnels de la profession, de s'extasier devant des mélos aussi dégoulinants et surfaits qu'Amour, De rouille et d'os ou Le Gamin au vélo...
Michael Haneke, Jacques Audiard et les frères Dardenne ont le don de me hérisser le poil. Non seulement ils n'ont rien inventé, mais ce sont des emmerdeurs opportunistes. Côté comédie, on n'est pas mieux lotis. Après les pionniers que furent Charlie Chaplin, Buster Keaton et Mack Sennett, il y eut Jacques Tati – lequel, sauf le respect que je dois à son immense talent, s'imprégna copieusement de leurs inventions.