Telles, je sens au coeur, quand tous les bruits du monde - Me laissent triste et seul après m'avoir lassé, - La présence éternelle et la douceur profonde - De mon premier amour que j'avais cru passé.

À lire aussi de René François Armand Prudhomme, dit Sully Prudhomme

Demain, j'irai demain voir ce pauvre chez lui, - Demain, je reprendrai le livre à peine ouvert, - Demain, je te dirai, mon âme, où je te mène, - Demain, je serai juste et fort... - Pas aujourd'hui.
Le vase où meurt cette verveine, - D'un coup d'éventail fut fêlé. - Le coup dut l'effleurer à peine: - Aucun bruit ne l'a révélé. - ... - Personne ne s'en doute; - N'y touchez pas, il est brisé.
C'est en deuil surtout que je l'aime. - Le noir sied à son front poli. - Et par ce front le chagrin même - Est embelli.
Mais viendra le jour des adieux, - Car il faut que les femmes pleurent - Et que les hommes curieux - Tentent les horizons qui leurrent!
Il est tard; l'astronome aux veilles obstinées, - Sur sa tour, dans le ciel où meurt le dernier bruit - Cherche des îles d'or, et le front dans la nuit, - Regarde à l'infini blanchir des matinées.
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Qui peut dire : Mes yeux ont oublié l'aurore ? - Qui peut dire : C'est fait de mon premier amour ? - Quel vieillard le dira si son coeur bat encore, - S'il entend, s'il respire et voit encor le jour ?