L’usine m’a révélé à moi-même, je me suis découvert une perfection plus grande physiquement -j’ai pris des muscles que je ne connaissais pas- et une force morale inattendue. L’usine a été pour moi la fin de ma psychanalyse parce que, quand se retrouve pendant huit heures à faire la même tache, on a le temps de réfléchir sur soi. Elle m’a permis de découvrir ma propre vérité.
❧
Tâcher de raconter ce qui ne le mérite pas - \r\nLe travail dans sa plus banale nudité - \r\nRépétitive - \r\nDes gestes simples - \r\nDurs - \r\nDes mots simples.
◆
À lire aussi de Joseph Ponthus
Je ne dois rien à l'usine pas plus qu'à l'analyse - \r\nje le dois à l'amour - \r\nJe le dois à la force - \r\nJe le dois à la vie.
Ce roman comporte autant de portes d'entrées que de retours de lectrices et de lecteurs : ouvriers, psychanalystes, poètes, chômeurs, professeurs, autres. Tous sont lecteurs et y raccrochent leur sensibilité. Ce livre ne m'appartient plus et c'est une dépossession bienheureuse.
Ma vie ne sera plus jamais la même depuis l’usine.
À l'usine on chante - \r\nPutain qu'on chante - \r\nOn fredonne dans sa tête - \r\nOn hurle à tue-tête couvert par le bruit des machines - \r\nOn sifflote le même air entêtant pendant deux heures - \r\nOn a dans le crâne la même chanson débile entendue à la radio le matin - \r\nC'est le plus beau passe-temps qui soit - \r\nEt ça aide à tenir le coup.
Dans la même œuvre
L'autre jour à la pause j'entends une ouvrière dire à un de ses collègues Tu te rends compte aujourd'hui c'est tellement speed que j'ai même pas le temps de chanter » Je crois que c'est une des phrases les plus belles les plus vraies et les plus dures qui aient jamais été dites sur la condition ouvrière.
J'écris comme je pense sur ma ligne de production divaguant dans mes pensées seul déterminé
À l'usine on chante - \r\nPutain qu'on chante - \r\nOn fredonne dans sa tête - \r\nOn hurle à tue-tête couvert par le bruit des machines - \r\nOn sifflote le même air entêtant pendant deux heures - \r\nOn a dans le crâne la même chanson débile entendue à la radio le matin - \r\nC'est le plus beau passe-temps qui soit - \r\nEt ça aide à tenir le coup.
Le capitalisme triomphant a bien compris que pour exploiter au mieux l'ouvrier - \r\nIl faut l'accommoder - \r\nJuste un peu - \r\nÀ la guerre comme à la guerre - \r\nRepose-toi trente minutes - \r\nPetit citron - \r\nTu as encore quelque jus que je vais pressurer.
Je pense au fameux vers de Shakespeare où le monde est une scène dont nous ne sommes que les mauvais acteurs.