Il faut vivre et se hâter d'oublier, il faut laisser la lumière estomper le contour des tombeaux.
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Sur les photographies, les vivants mêmes sont transformés en cadavres parce qu'à chaque fois que se déclenche l'obturateur, la mort est déjà passée.
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On essaye de comprendre les choses à partir de sa propre expérience parce que c'est tout ce dont on dispose et c'est, bien sûr, très insuffisant, on ne comprend rien, ou on comprend de travers, ou seulement l'inessentiel, mais quelle importance ?
Il faut vivre et se hâter d'oublier, il faut laisser la lumière estomper le contour des tombeaux.
Elle savait qu'il n'est aucune vie loin des yeux des hommes et elle s'efforçait d'être l'un de ces regards qui ne laissent pas la vie s'éteindre.
Depuis quand crois-tu que les hommes ont le pouvoir de bâtir des choses éternelles ? L'homme bâtit sur du sable. Si tu veux étreindre ce qu'il a bâti, tu n'étreins que le vent. Tes mains sont vides, et ton coeur affligé. Et si tu aimes le monde, tu périras avec lui.
Dans la même œuvre
La mort prématurée constitue toujours, et d'autant plus qu'elle est soudaine, un scandale aux redoutables pouvoirs de séduction.
S'il avait pu exister une photo de la mort du Christ, elle n'aurait rien montré d'autre qu'un cadavre supplicié livré à la mort éternelle
Oui, les images sont une porte ouverte sur l’éternité. Mais la photographie ne dit rien de l’éternité, elle se complaît dans l’éphémère, atteste de l’irréversible et renvoie tout au néant.
Les photographies opposaient l’impénétrabilité de leur surface à toute quête de profondeur.
Mais il sait que la joie des foules n'est complexe que dans le sang et parce qu'il est photographe et que son métier exige de lui qu'il conserve la trace de tout ce qui s'est passé ici, il photographie les lynchages et les exécutions sommaires.