Il faut vivre et se hâter d'oublier, il faut laisser la lumière estomper le contour des tombeaux.

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Rien ne s'épuise plus vite que l'improbable miséricorde de Dieu.
Il vous était impossible de croire que les forces de la bêtise fussent infiniment supérieures à celles de la raison.
Depuis quand crois-tu que les hommes ont le pouvoir de bâtir des choses éternelles ? L'homme bâtit sur du sable. Si tu veux étreindre ce qu'il a bâti, tu n'étreins que le vent. Tes mains sont vides, et ton coeur affligé. Et si tu aimes le monde, tu périras avec lui.
A présent qu'il a porté les siens en terre, l'un après l'autre, la mission harassante qu'il a accomplie doit échoir à un autre, et il attend que sa santé toujours chancelante et inaltérable soit finalement vaincue car, dans l'ordre fixé par l'état civil, son tour est maintenant venu de marcher seul au tombeau.
Vous pensiez qu'une cause qui n'est défendue que par la violence, le mensonge et la calomnie fait ainsi l'aveu de sa propre faiblesse, mais vous n'imaginiez pas le pouvoir de la faiblesse, de l'humiliation, du ressentiment et des peurs abjectes.
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Au nom d'un avenir aussi inconsistant que la brume, il se privait de présent, comme il arrive si souvent, il est vrai, avec les hommes.
Il faut vivre et se hâter d'oublier, il faut laisser la lumière estomper le contour des tombeaux.
Sa certitude d'être provisoirement reclus dans un monde étranger qui n'existait qu'entre parenthèses ne l'aida pas à ce faire des amis.
Les mondes passent, en vérité, l'un après l'autre, des ténèbres aux ténèbres, et leur succession ne signifie peut-être rien.
Chaque monde est comme un homme, il forme un tout dans lequel il est impossible de puiser à sa guise, et c'est comme un tout qu'il faut le rejeter ou l'accepter, les feuilles et le fruit, la paille et le blé, la bassesse et le grâce