Si je devais choisir entre trahir mon ami et trahir mon pays, j'espère que j'aurai le cran de choisir le second.

À lire aussi de Zadie Smith

Quand les murs s'effondreront , que le ciel s'assombrira et grondera la terre. A ce moment là, nous serons ce que nos actes auront fait de nous. Et peu importe que ce soit Allah, Jésus, ou Bouddha qui te regarde, ou qui tout aussi bien, ne te regarde pas. Quand il fait froid, on voit la buée qu'on fait en respirant ; quand il chaud, on ne voit rien. Et pourtant, dans un cas comme dans l'autre, on respire bel et bien.
Parce qu'il y a autre chose à propos des immigrants (réfugiés, émigrés, voyageurs) : ils ne peuvent pas davantage échapper à leur histoire que vous-même n'avez le loisir d'abandonner votre ombre.
Cette haine qu'éprouvent les femmes à l'égard de leur corps flottait dans l'atmosphère, ou du moins c'est ce que pensait Kiki. Elle s'infiltrait dans la maison avec les courants d'air, ou sur les semelles des chaussures; elle émanait des journaux. Il était impossible de la maîtriser.
C'est vrai qu'on m'a mariée à Samad Iqbal le soir même du jour où je l'ai rencontré pour la première fois. C'est vrai que je ne le connaissais ni d'Eve ni d'Adam. Mais il ne me déplaisait pas. On s'est rencontrés dans la salle du petit déjeuner d'un hôtel de Delhi, un jour où il faisait une chaleur épouvantable, et il m'a éventée avec le Times. J'ai trouvé qu'il avait un visage sympathique, une voix douce et un joli p'tit derrière pour un homme de son âge. Bon. Maintenant, chaque fois que je découvre quelques chose sur son compte, je l'apprécie un peu moins. Donc, tu vois, tout compte fait, on était nettement mieux avant...
Toutes les veilles de nouvel an sont une sorte d'apocalypse miniature.
Toutes les citations de Zadie Smith →

Dans la même œuvre

Faut te tenir un peu au courant, mon vieux, dit Shiva, parlant lentement, patiemment. « Organes de la femme, point G, cancer des testicules, ménopause, andropause… la crise de la cinquantaine fait partie de ces trucs. C’est le genre d’informations que l’homme moderne se doit de posséder.
C'est vrai qu'on m'a mariée à Samad Iqbal le soir même du jour où je l'ai rencontré pour la première fois. C'est vrai que je ne le connaissais ni d'Eve ni d'Adam. Mais il ne me déplaisait pas. On s'est rencontrés dans la salle du petit déjeuner d'un hôtel de Delhi, un jour où il faisait une chaleur épouvantable, et il m'a éventée avec le Times. J'ai trouvé qu'il avait un visage sympathique, une voix douce et un joli p'tit derrière pour un homme de son âge. Bon. Maintenant, chaque fois que je découvre quelques chose sur son compte, je l'apprécie un peu moins. Donc, tu vois, tout compte fait, on était nettement mieux avant...
C'est drôle, mais quand on passé un bout de temps quelque part, on finit par constater que c'est ce les gens aiment vous entendre que, dans le temps, c'était la vie en rose. C'est un besoin chez eux.
Parce qu'il n'y a plus d'objets ni d'évènements insolites, pas plus qu'il n'y en a de sacrés. Tout est connu, convenu, attendu. Tout est à la télé.
Celui que j'envoie au pays revient cent pour cent anglais, costume blanc et perruque d'avocat. Et celui que je garde ici finit comme terroriste fondamentaliste à plein temps.