Je suis une femme qui n’aime pas les photos (je n’en prends jamais), qui n’aime aucune image, gaie ou triste, susceptible de réveiller une émotion. Les émotions sont effrayantes. Je voudrais que la vie avance et que tout soit effacé au fur et à mesure.
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Shakespeare disait : Celui qui a le pouvoir de faire du mal et qui s'abstient de l'exercer est un seigneur.
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Récemment, je l'ai entendu reprendre à son compte « Les astres inclinent mais ne prédestinent pas. » Mon père raffolait de la formule, je l'avais oublié, il y rajoutait de façon quasi menaçante le nom de Ptolémée.
Pourquoi suis-je attachée à ce livre et pas elle ? Parce que moi je connais sa valeur dans le temps. Je connais l'extension du livre. Le livre est passé et avenir. (…) Le livre est déjà cruel, il est déjà perte, déjà il raconte un monde envolé. Chaque jour il me blessera davantage. Chaque jour, il me dira que nous ne sommes plus.
On ne peut pas juger, enfant, de l'âge d'un professeur, ils paraissent tous vieux.
Les femmes ne prennent pas un amant. Elles s'entichent, elles se font un cinéma. Elles deviennent complètement folles.
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En Algérie, les génies ne brillent pas, ils brûlent. Lorsqu'ils échappent à l'autodafé, ils finissent sur le bûcher. Si par mégarde, on les met sous les feux de la rampe, c'est pour mieux éclairer les snippers.
Le pouvoir est une effroyable sorcellerie, une possession démoniaque, une folie à l'état pur. Une fois contaminé, vous ne pouvez plus vous en défaire. C'est tellement enivrant.