Se séparer lentement des être aimés, quelle amertume ! Mieux vaut trancher dans le vif, et retrouver la solitude, climat naturel de l'homme.

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A ses côtés, le temps avait pris une nouvelle saveur. Ce n'était plus une succession mathématique d'évènements, ni en moi, un problème philosophique insoluble. C'était du sable chaud, finement tamisé, et je le sentais couler tendrement entre mes doigts.
Tous les hommes ont leur folie, mais la plus grande folie, m'est avis que c'est de ne pas en avoir.
La vie de l'homme est une route avec montées et descentes. Tous les gens sensés avancent avec un frein. Mais moi, et c'est ici qu'est ma valeur, patron, il y a belle lurette que j'ai jeté mon frein, car les carambolages ne me font pas peur.
Les premières étoiles apparurent et restèrent suspendues en l'air, tremblantes, comme des clochettes d'argent. Toute la nuit tinta.
La raison, cette épicière, se moque de l'âme, comme nous nous moquons des vieilles jeteuses de sorts et des sorcières.
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L'âme humaine, embourbée dans la chair, est encore à l'état brut, imparfaite.
Dieu à chaque instant change de visage. Heureux celui qui peut le reconnaître sous chacun de ses masques.
Le bon maître ne veut pas de récompense plus éclatante que celle-là : former un élève qui le dépasse.
Nous restâmes silencieux auprès du brasero, tard dans la nuit. Je sentais de nouveau combien le bonheur est chose simple et frugale : un verre de vin, une châtaigne, un misérable poêle, la rumeur de la mer. Rien d'autre. Et pour sentir que tout cela c'est du bonheur, il ne faut qu'un coeur simple et frugal.
Mer, douceur automnale, îles baignées de lumière, voile diaphane de petite pluie fine qui couvrait l'immortelle nudité de la Grèce. Heureux, pensai-je, l'homme à qui il a été donné, avant de mourir, de naviguer dans la mer égéenne.