C'est naïf mais irrésistible une fois qu'on a goûté au pouvoir, on a du mal à s'en déprendre.
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Sans être prisonnier du carcan d'un voyage organisé, on éprouve la même asphyxie, la même impossibilité à intérioriser un lieu, à voir et à se mouvoir, lorsqu'une personne bien intentionnée se propose de vous servir de guide et ne vous lâche pas. Grâce à elle, vous ne vous perdez pas et vous ne manquez rien « d'important ».
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À lire aussi de Chantal Thomas
- Vous êtes libre ce soir? - - Oui, mais permettez-moi de le rester.
L'humanité ne progresse pas. Elle redispose autrement, selon d'autres convenances, d'après des aspirations différentes. Le système de hiérarchie avait ses défauts, mais celui de l'oppression par l'argent ne me semble pas préférable.
Il a découvert les jeux de hasard. S'en remettre à la chance et accepter la malchance convient à sa conviction de mélancolique, à son fatalisme religieux : agir ne sert à rien. Les jeux sont faits. De toute éternité.
Un mariage ? Quelle importance ! C'est l'attitude de son meilleur ami, le duc de Boufflers, que l'on vient de marier. J'ai aussi présentement une femme, mais je ne pourrai coucher de longtemps avec elle a-t-il dit au roi, sans s'émouvoir autrement.
Dans la même œuvre
- Vous êtes libre ce soir? - - Oui, mais permettez-moi de le rester.
Si partir c'est mourir un peu, mourir c'est définitivement y rester.
Il apprécie les promenades solitaires, car il considère que la promenade est essentiellement une manière de converser avec soi et, dans ce dialogue, de se « laisser surprendre par soi- même ».
Le voyage n'était pas conçu dans un programme de vacances, comme une pause dans l'organisation du travail et sa rentabilité. Il était pensé par rapport au « métier de vivre » et à son intelligence. Il n'était pas lié à une saison, l'été, mais à un âge de la vie, la jeunesse. Il répondait à une nécessité intérieure. C'était dans un XIXème siècle encore vierge de l'industrie du tourisme, de son impérialisme pacifique en apparence, meurtrier en réalité, puisqu'il néantise dans un même mouvement le voyageur et l'indigène, le visiteur et son hôte.
Le tourisme est la réalisation achevée d'un univers de la désespérance. Cet enfer bien tempéré englobe dans sa mise en spectacle, ou dans sa machine à produire de l'authentique, n'importe quelle partie du monde, n'importe quelle activité, n'importe quel geste.