Le voyage n'était pas conçu dans un programme de vacances, comme une pause dans l'organisation du travail et sa rentabilité. Il était pensé par rapport au « métier de vivre » et à son intelligence. Il n'était pas lié à une saison, l'été, mais à un âge de la vie, la jeunesse. Il répondait à une nécessité intérieure. C'était dans un XIXème siècle encore vierge de l'industrie du tourisme, de son impérialisme pacifique en apparence, meurtrier en réalité, puisqu'il néantise dans un même mouvement le voyageur et l'indigène, le visiteur et son hôte.

À lire aussi de Chantal Thomas

Si partir c'est mourir un peu, mourir c'est définitivement y rester.
Sans être prisonnier du carcan d'un voyage organisé, on éprouve la même asphyxie, la même impossibilité à intérioriser un lieu, à voir et à se mouvoir, lorsqu'une personne bien intentionnée se propose de vous servir de guide et ne vous lâche pas. Grâce à elle, vous ne vous perdez pas et vous ne manquez rien « d'important ».
Elle boit à la santé de ses parents, du roi de France, à la sienne. La ritournelle n'est plus : « Quand est-ce qu'on arrive ? » mais : « Le roi mon mari, il jouera avec moi ? »
Le tourisme est la réalisation achevée d'un univers de la désespérance. Cet enfer bien tempéré englobe dans sa mise en spectacle, ou dans sa machine à produire de l'authentique, n'importe quelle partie du monde, n'importe quelle activité, n'importe quel geste.
L'humanité ne progresse pas. Elle redispose autrement, selon d'autres convenances, d'après des aspirations différentes. Le système de hiérarchie avait ses défauts, mais celui de l'oppression par l'argent ne me semble pas préférable.
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- Vous êtes libre ce soir? - - Oui, mais permettez-moi de le rester.
Si partir c'est mourir un peu, mourir c'est définitivement y rester.
Il apprécie les promenades solitaires, car il considère que la promenade est essentiellement une manière de converser avec soi et, dans ce dialogue, de se « laisser surprendre par soi- même ».
Le tourisme est la réalisation achevée d'un univers de la désespérance. Cet enfer bien tempéré englobe dans sa mise en spectacle, ou dans sa machine à produire de l'authentique, n'importe quelle partie du monde, n'importe quelle activité, n'importe quel geste.
Sans être prisonnier du carcan d'un voyage organisé, on éprouve la même asphyxie, la même impossibilité à intérioriser un lieu, à voir et à se mouvoir, lorsqu'une personne bien intentionnée se propose de vous servir de guide et ne vous lâche pas. Grâce à elle, vous ne vous perdez pas et vous ne manquez rien « d'important ».