Œuvre
Satires, le Mondain (1736)
Il est bien doux pour mon coeur très immonde - De voir ici l'abondance à la ronde, - Mère des arts et des heureux travaux, - Nous apporter, de sa source féconde, - Et des besoins et des plaisirs nouveaux.
J'aime le luxe, et même la mollesse, - Tous les plaisirs, les arts de toute espèce, - La propreté, le goût, les ornements : - Tout honnête homme a de tels sentiments. - Il est bien doux pour mon coeur très immonde - De voir ici l'abondance à la ronde.
Par cent canaux circuler l'abondance. - Le goût du luxe entre dans tous les rangs: - Le pauvre y vit des vanités des grands. - Et le travail, gagé par la mollesse, - S'ouvre à pas lents la route à la richesse.
Le superflu, chose très nécessaire.
C'est bien en vain que, par l'orgueil séduits, - Huet, Calmet, dans leur savante audace, - Du paradis ont recherché la place : - Le paradis terrestre est où je suis.
J'aime le luxe, et même la mollesse, - Tous les plaisirs, les arts de toute espèce, - La propreté, le goût, les ornements : - Tout honnête homme a de tels sentiments. - Il est bien doux pour mon coeur très immonde - De voir ici l'abondance à la ronde.
Tout sert au luxe, aux plaisirs de ce monde. - O le bon temps que ce siècle de fer ! - Le superflu, chose très nécessaire, - A réuni l'un et l'autre hémisphère.