Œuvre

Pensées éparses d'un rabat joie (2014)

J'ai enfin rencontré le Bonheur ! Il n'a pas eu l'air heureux de me voir...
Nationale 7 : Depuis qu'ils ont fait l'autoroute, on ne traverse plus le Bonheur.
Je plains les gens heureux : ils n'ont plus rien à espérer.
Car en amour, l'accessoire peut devenir primordial.
Je l'avoue et l'affiche sans pudeur : je suis un Voyeur ! Mais est-ce ma faute, mon Dieu, si vous m'avez fait avec les yeux en face des trous ?
Elle et moi devant la télévision, et le poète me soufflant : S'aimer, c'est regarder ensemble dans la même direction.
L'amour n'est pas tant inspiré par l'être aimé qu'expiré par l'être aimant.
J'ai cessé d'alimenter la conversation. Elle est morte d'inanition, après une longue agonie délirante. Je n'ai pas eu un mot pour elle.
Non contentes de nous faire marcher, voilà qu'elles veulent nous faire danser !
Mes largesses contre vos rondeurs.
Sortir en célibataire, c'est partir en pique-nique sans emporter de provisions.
Les amoureux, ils s'embrassent à tout bout de champ, comme pour se tirer les mots de la bouche : les mots doux qui ont encore un peu de mal à sortir ; avant les mots durs qui sortiront bien tout seuls.
J'ai retrouvé la luxure perdue, exhumé l'impudeur enfouie. J'ai débusqué le vice caché.
Où que l'on soit, on aime toujours ailleurs.