Œuvre

Pensées éparses d'un rabat joie (2014)

L'air de rien, insensiblement, elle engageait la conversation. J'ai coupé court avant qu'on en vienne aux mots !
Si elle ne m'avait pas, je ne sais pas ce que je deviendrais.
En dehors des murs du couvent, toutes les mères sont supérieures.
Tragique méprise. Prenez garde, douces dames, à ne pas confondre le bellâtre avec l'homme au foyer.
Certes, l'homme a vécu dans le péché, mais ça fait longtemps qu'il est descendu de l'arbre.
Elle a rompu bien plus vite qu'elle n'avait cédé.
Evitez de commencer une phrase par : Si vous voulez mon avis... Vous risquez fort de ne pas la finir.
S'il m'arrive, exceptionnellement, de placer un mot en société, c'est au scrabble que je le dois.
On dit qu'il est des pays merveilleux où l'on torture les gens pour les faire parler... Ici, on les tuerait plutôt, pour ne plus les entendre.
Si on s'écoutait... on ne s'entendrait plus.
Ils ont bien de la chance, les enfants : ils plaisent aux femmes.
Elle m'a ouvert son coeur fébrilement, précipitamment, sans même prendre le temps de dégrafer son corsage.
Main verte. Madame, il y a la cour et le jardin. La cour, nous vous l'avons faite...
Quand elle m'a murmuré : Moi aussi, je t'aime, bien sûr, je ne l'ai pas crue. Une coïncidence comme celle-là, ça n'arrive qu'une fois par siècle !
Le rire : un réflexe. Le sourire : une réflexion.
Il laisse un grand vide derrière lui : sa veuve.
Le sourire est de rigueur... On l'aimerait mieux d'indulgence.
Désertion conjugale. Cela fera bientôt dix ans que mon épouse ne se présente plus au rapport.
Elle tient plus à son couple qu'à son mari.
L'homme : le complément familial.
Le devoir conjugal, il le revendique comme un droit, le mari, accroché désespérément à son petit privilège. Mais jour après jour, nuit après nuit - inéluctablement -, l'épouse remplace le devoir par la leçon.
A l'hospice, nécessairement, le vieillard est sous protection. Il n'a pas même sa caisse, comme le chat. Il n'a plus d'existence propre.
Terminus. A bout de faiblesse, parvenus à destination, les vieux auraient bien voulu descendre. On ne leur en a pas laissé le temps ! Que faire à présent qu'on a dépassé la Mort ?
La vieillesse est un naufrage... C'est surtout une inondation.
J'ai une haute opinion de moi et le courage de mes opinions.