Œuvre
Pensées d'un biologiste (1967)
La société a sans doute le droit de se protéger contre les protoplasmes antisociaux; mais il faut bien qu'elle sache que, lorsqu'elle croit châtier un homme, elle ne punit jamais qu'un oeuf ou des circonstances.
Le biologique ignore le culturel. De tout ce que l'homme a appris, éprouvé, ressenti au long des siècles, rien ne s'est déposé dans son organisme, rien n'a passé dans sa bête.
J'aime qu'on suffoque dans la raison, mais qu'on s'y tienne.
C'est l'innocent forfait de la nature que d'avoir composé les êtres avec la substance des choses.
La seule chose qu'on peut embellir sans qu'elle en périsse, c'est la vérité.
Tout ce que nous pouvons pour nos enfants, c'est de bien choisir leur mère.
Quand Nietzsche écrivait que la bonté des singes lui faisait douter que l'homme en eût pu descendre, il s'illusionnait sur les qualités de ces quadrumanes avides, cruels et lubriques. Ce sont bien les aïeux qu'il nous fallait.