Œuvre
Métamorphose en bord de ciel (2011)
J'ai beau cadenasser mes paupières pour couver mon rêve rouge le plus longtemps possible, il finit par s'échapper.
J'ai besoin de ma dose de ciel, je ne peux pas respirer correctement si je n'inhale pas ne serait-ce qu'un peu de vent frais.
Ce monde de vie était une machine à fabriquer des surprises. Escargots collés à mon oreiller, hérissons cachés à l'intérieur de mon lit, ou cette fille à l'allure gothique qui voulait dormir dans mon cercueil.
La nuit retire son long manteau de velours nocturne et l'étend sur la corde à linge de l'horizon...
Aujourd'hui, je donnerais n'importe quoi pour décoller, quitte à me casser une jambe ou deux. E.T., je comprends pourquoi tu t'es barré à vélo en plein ciel. A ta place j'aurais continué de pédaler jusqu'à Pluton sans me retourner.
Quand je serais un fantôme, je reviendrai vous hanter dans votre sommeil ! je vous enlèverai votre couverture devant tout le monde ! je vous planterai un bouquet d'orties dans le cul et vous vous gratterez pour l'éternité !
De village en village, ma réputation commençait à me précéder. L'affluence augmentait, on m'apportait de quoi manger, des pansements, et même des livres. Je m'étais fixé une règle : ne pas rester plus de vingt-quatre heures au même endroit.
C'était tellement plus facile lorsqu'il s'agissait seulement d'un fantasme ! Je suis en train de devenir ce que je suis et cette réalité me fait peur.
On vient de déposer le sablier du temps qu'il me reste à vivre entre mes mains. Un dé à coudre. Rien d'autre qu'un putain de dé à coudre.
Mais le pire, c'est de se réveiller au beau milieu de la journée dans ce cimetière pour vivants. Personne ne lit, tout le monde bâille devant la télé. C'est le temps des heures flasques, des horloges molles à la Dali.
Il pleut sous mon crâne, mais les éclaircies demeurent.