Œuvre

Lettre au roi de Prusse, 29 juin 1781

Comme ce dépérissement (du corps) est une suite de mon âge de soixante-quatre ans, de longs travaux dont ma pauvre tête est fatiguée...
L'opéra, qui vient d'être brûlé de fond en comble.
Je m'empresse d'avoir l'honneur de répondre à sa dernière et charmante lettre, malgré l'impression qui me reste encore de deux ou trois accès de fièvre qui m'ont laissé de la faiblesse.
Le césar Joseph, comme Votre Majesté l'appelle, est actuellement, dit-on, incognito à Versailles.
Je vois d'un oeil assez froid et philosophique le dépérissement de mes facultés corporelles et intellectuelles.
C'est à vous, sire, que l'humanité et la philosophie doivent rendre grâces de tout ce que les souverains font et feront encore pour favoriser la tolérance et réprimer la superstition.
Les excellentes leçons que Votre Majesté veut bien me donner sur l'hypocondrie plus élégamment appelée vapeurs, me font craindre pour l'honneur de ma raison, que Votre Majesté ne me croie attaqué de cette maladie.