Œuvre
Les vaisseaux du coeur (1988)
Le bel âge après tout, c'est celui où l'on sait à quels rêves on tient le plus celui où l'on peut encore en réaliser quelques-uns.
Quand la vie tient ainsi tout entière dans l'instant et qu'on parvient à oublier tout le reste, on atteint peut-être la plus intense forme de joie.
Je n'avais que faire de beaux souvenirs en bocal. Je hais les beaux souvenirs. Je n'aime que les beaux avenirs.
Je mesurais à quel point dans une vie commune tout est une question de regard : on peut s'irriter ou s'attendrir devant un même geste selon que l'on cherche une raison de vivre avec quelqu'un ou de le quitter.
A vingt ans, on voudrait tout et on peut raisonnablement tout espérer. A trente ans, on peut croire encore qu'on l'aura. A quarante ans, il est trop tard. Ce n'est pas que l'on ait soi-même vieilli, c'est l'espérance qui a vieilli en soi.
Mais celui qui parle le langage de la raison est celui qui aime le moins.
Demain, ils vont se quitter, et se quitter, pour eux, c'est se perdre, peut-être pour toujours.