Deux siècles après la Déclaration des droits de l'homme, il faut encore lutter pour qu'elle s'applique à l'espère humaine tout entière.
❧
Je n'avais que faire de beaux souvenirs en bocal. Je hais les beaux souvenirs. Je n'aime que les beaux avenirs.
◆
À lire aussi de Benoîte Groult
Il faut en tout cas admettre une vérité dérangeante : on est vieux dans le regard des autres bien avant de l'être dans le sien.
Si on y pense, nous sommes une insulte à la perfection de l'univers et jamais plus la septuagénaire que je suis ne marchera comme vénus parmi les vagues.
Fille de joie. La joie de qui?
Il faut enfin guérir d'être femme. Non pas d'être née femme mais d'avoir été élevée femme dans un univers d'hommes.
Dans la même œuvre
Le bel âge après tout, c'est celui où l'on sait à quels rêves on tient le plus celui où l'on peut encore en réaliser quelques-uns.
Quand la vie tient ainsi tout entière dans l'instant et qu'on parvient à oublier tout le reste, on atteint peut-être la plus intense forme de joie.
Je mesurais à quel point dans une vie commune tout est une question de regard : on peut s'irriter ou s'attendrir devant un même geste selon que l'on cherche une raison de vivre avec quelqu'un ou de le quitter.
A vingt ans, on voudrait tout et on peut raisonnablement tout espérer. A trente ans, on peut croire encore qu'on l'aura. A quarante ans, il est trop tard. Ce n'est pas que l'on ait soi-même vieilli, c'est l'espérance qui a vieilli en soi.
Mais celui qui parle le langage de la raison est celui qui aime le moins.