Œuvre

Les Soirées de Saint-Pétersbourg (1821)

C'est l'imagination qui perd les batailles.
Jamais le christianisme, si vous y regardez de près, ne vous paraîtra plus sublime, plus digne de Dieu, et plus fait pour l'homme qu'à la guerre.
La guerre est donc divine en elle-même, puisque c'est une loi du monde.
La loi juste n'est point celle qui a son effet sur tous, mais celle qui est faite pour tous.
La terre entière, continuellement imbibée de sang, n'est qu'un autel immense où tout ce qui vit doit être immolé sans fin, sans mesure, sans relâche, jusqu'à la consommation des choses, jusqu'à l'extinction du mal, jusqu'à la mort de la mort.
Le glaive de la justice n'a pas de fourreau.
Les fausses opinions ressemblent à la fausse monnaie qui est frappée d'abord par de grands coupables, et dépensée ensuite par d'honnêtes gens qui perpétuent le crime sans savoir ce qu'ils font.
Ainsi s'accomplit sans cesse, depuis le ciron jusqu'à l'homme, la grande loi de la destruction des êtres vivants.
L'essence de toute intelligence est de connaître et d'aimer.