Œuvre

Les Raisins de la colère (1938)

Elle semblait avoir conscience que si elle vacillait, la famille entière tremblerait, et que si un jour elle défaillait ou désespérait sérieusement, toute la famille s'écroulerait, toute sa volonté de fonctionner disparaîtrait.
Mais, préférable à la joie, était le calme. Le sang-froid est chose sur laquelle on peut compter.
Dans l'âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines.
Femmes et enfants savaient au fond d'eux-mêmes que nulle infortune n'est trop lourde à supporter du moment que les hommes tiennent le coup.
Quand on est dans le besoin, ou qu'on a des ennuis - ou de la misère c'est aux pauvres gens qu'il faut s'adresser. C'est eux qui vous viendront en aide - eux seuls.
La répression n'a pour effet que d'affermir la volonté de lutte de ceux contre qui elle s'exerce et de cimenter leur solidarité...
On s'habitue aux endroits et c'est difficile de s'en aller. On s'habitue à certaines façons de penser et c'est difficile d'en changer.
Craignez le temps où l'Humanité refusera de souffrir, de mourir pour une idée, car cette seule qualité est le fondement de l'homme même, et cette qualité seule est l'homme, distinct dans tout l'univers.
J'apporte rien à personne. J'suis tout juste bon à traîner mes péchés comme un caleçon merdeux sous le nez des gens.
On est bien dans un pays libre, tout de même. Eh bien tâchez d'en trouver, de la liberté. Comme dit l'autre, ta liberté dépend du fric que t'as pour la payer.
La seule chose qu'il faut voir, c'est que chaque fois qu'il y a un pas de fait en avant, il se peut que ça recule un brin, mais jamais d'autant. Ca montre qu'il n'y a rien de gaspillé, en fin de compte, malgré que des fois on pourrait croire le contraire.
L'endroit où qu'on vit, c'est ça qui est la famille. On n'est pas soi-même quand on s'est empilé dans une auto tout seul sur une route. On n'est plus vivant.
Comment vivre sans nos vies ? Comment savoir que c'est nous, sans notre passé ?
On en apprend tous les jours, mais il y a une chose que je sais bien, à force. Quand on est dans le besoin, ou qu'on a des ennuis ou de la misère c'est aux pauvres gens qu'il faut s'adresser. C'est eux qui vous viendront en aide eux seuls.
Nom de Dieu, une personne bien décidée peut donner du fil à retordre à un tas de gens.
Quand on est dans les affaires faut toujours mentir et tricher, mais on appelle ça autrement.
Devant nous il y a des milliers de vies qu'on pourrait vivre, mais quand le moment sera venu il n'y en aura plus qu'une.
Il se trouve que chaque homme hait ce que la banque fait, et cependant la banque le fait. La banque est plus que les hommes, je vous le dis. C'est le monstre. C'est les hommes qui l'ont créé, mais ils sont incapables de le diriger.