Œuvre

Les Jours raccourcissent : Poésies (1954)

Mais nulle d'entre vous ne hante plus ces rives, - Et si je viens errer sous leurs aulnes tremblants, - C'est pour n'y rencontrer que cette ombre furtive - Qui me ressemblerait, n'étaient mes cheveux blancs.
Vains rêves, faux espoirs, réalités, mensonges, - Fantôme de moi-même en des jours anciens, - Frère que j'ai perdu, raconte-moi tes songes - Pour que je sache un peu s'ils sont restés les miens.
Je ne mourrai pas seul. Vous m'accompagnerez, - Mes ombres. Avec moi vous vous dissiperez, - Dans la grande nuit sans aurore. - Avec nous dans la tombe à jamais enfermés - Les êtres disparus que nous aurons aimés, - Puissent-ils nous aimer encore !