Œuvre

Le Mariage de Figaro (1784), V, 3, Figaro

Quel est ce moi dont je m'occupe: un assemblage informe de parties inconnues; puis un chétif être imbécile.
Je puis tout imprimer librement, sous l'inspection de deux ou trois censeurs.
Noblesse, fortune, un rang, des places, tout cela rend si fier! Qu'avez-vous fait pour tant de biens? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus.
O femme! femme! femme! créature faible et décevante!... nul animal créé ne peut manquer à son instinct: le tien est-il donc de tromper?
Perdu dans la foule obscure, il m'a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu'on n'en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagnes.
Je lui dirais que les sottises imprimées n'ont d'importance qu'aux lieux où l'on en gêne le cours; que sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur, et qu'il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits.
Je commençais même à comprendre que pour gagner du bien, le savoir-faire vaut mieux que le savoir.
O femme ! femme ! femme ! Créature faible et décevante ! Nul animal créé ne peut manquer à son instinct : le tien est-il donc de tromper ?
Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur ; et qu'il n'y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits.