Œuvre
Le Jour du chien (2017)
Dans chaque goutte d'eau se trouve l'océan tout entier.
Au fond d'eux-mêmes, les gens sont des animaux, il suffit de flatter leurs bas instincts.
Alors la vie, ça n'est que ça en définitive ? La lumière vous éclaire, on s'avance sur la piste, un tour de danse, on virevolte, le temps de boire une coupe de champagne, la tête vous tourne un peu, et hop, c'est déjà fini ?
J'ai acquis une certitude : personne ne change. On n'échappe pas à celui ou celle que l'on est au plus profond de soi. Notre personnalité est semblable à une pierre, on peut tenter d'en atténuer les arêtes, la polir comme un galet, au bout du compte, elle conservera toujours la capacité de s'effriter, ou l'incroyable dureté qu'elle possédait au début.
Le véritable pouvoir ne se montre pas, il s'exerce.
Ainsi vont les choses aujourd'hui. La société du spectacle a envahi nos vies. Nous sommes écrasés par le rouleau compresseur des informations et des drames à la télévision. Pourtant nous en réclamons toujours plus, jusqu'à fournir nos propres images en pâture aux médias...
La vie, c'est faire des choix. Et choisir, c'est savoir renoncer.
Ce serait complètement idiot de diaboliser les laboratoires. La vérité est que si vous voulez des médicaments performants, novateurs, qui vont vous soigner pour de bon, il faut investir, et donc gagner de l'argent et faire du commerce. C'est comme ça. Ou bien retourner à l'âge des cavernes et se soigner avec des feuilles d'ortie. Bienvenue au XXIe siècle.
L'été, en France, tout est mort. Il n'y a jamais eu d'exception. Le pays fonctionne au ralenti quoi qu'il arrive. Le pire des drames ne résiste pas plus de quelques semaines aux vacances de ses concitoyens. C'est leur force, ou leur faiblesse, mais l'art de vivre à la française finit toujours par avoir le dessus. La plage, l'apéritif, l'amour et le farniente auront toujours le dernier mot. C'est ainsi.
Quand la pression devient trop forte, j’imagine des paysages de montagnes sous la neige. Un traîneau tiré par des chiens. Je suis seul, le soleil rase les cimes, et mon souffle monte dans l’air froid en produisant des petites volutes de vapeur. Loin du stress et de la foule.
Parfois je me prends à rêver d’une époque moins connectée. J’aime l’idée qu’on puisse rester dans son coin, anonyme. Respirer. Les grands espaces.
Mes amis n’arrêtent pas de me dire que je dois aller de l’avant, avoir de nouvelles aventures. Sauf qu’être heureux, c’est compliqué. Vivre, c’est compliqué.
Comme disent les Rolling Stones, « on n’a pas toujours tout ce qu’on veut ».