Œuvre

Le Coffret de santal (1879), Le But

Que les corbeaux, trouant mon ventre de leurs becs, - Mangent mon foie, où sont tant de colères folles, - Que l'air et le soleil blanchissent mes os secs, - Et, surtout, que le vent emporte mes paroles!
Le printemps a des fleurs dont le parfum m'ennuie, - L'été promet, l'automne offre ses fruits, d'aspects - Irritants; l'hiver blanc, même, est sali de suie.
Le long des peupliers je marche, le front nu, - Poitrine au vent, les yeux flagellés par la pluie. - Je m'avance hagard vers le but inconnu.