Que les corbeaux, trouant mon ventre de leurs becs, – Mangent mon foie, où sont tant de colères f Cros Charles

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Que les corbeaux, trouant mon ventre de leurs becs,
Mangent mon foie, où sont tant de colères folles,
Que l’ air et le soleil blanchissent mes os secs,
Et, surtout, que le vent emporte mes paroles!
Le Coffret de santal (1879), Le But
Citations de Charles Cros
Charles Cros

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  1. dicocitations

    Le Corbeau et le renard

    Maître corbeau, sur un arbre perché,
    Tenait en son bec un fromage.
    Maître renard, par l'odeur alléché,
    Lui tint à peu près ce langage :
    « Hé ! bonjour Monsieur du Corbeau.
    Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
    Sans mentir, si votre ramage
    Se rapporte à votre plumage,
    Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois. »
    A ces mots, le corbeau ne se sent pas de joie ;
    Et pour montrer sa belle voix,
    Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
    Le renard s'en saisit, et dit : « Mon bon monsieur,
    Apprenez que tout flatteur
    Vit aux dépens de celui qui l'écoute.
    Cette leçon vaut bien un fromage sans doute. »
    Le corbeau honteux et confus,
    Jura, mais un peu tard , qu'on ne l'y prendrait plus.

    Jean de LA FONTAINE
    Fables, livre I

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    • Cochonfucius

      Le coeur de Hialmar

      Une nuit claire, un vent glacé. La neige est rouge.
      Mille braves sont là qui dorment sans tombeaux,
      L'épée au poing, les yeux hagards. Pas un ne bouge.
      Au-dessus tourne et crie un vol de noirs corbeaux.

      La lune froide verse au loin sa pâle flamme.
      Hialmar se soulève entre les morts sanglants,
      Appuyé des deux mains au tronçon de sa lame.
      La pourpre du combat ruisselle de ses flancs.

      – Holà ! Quelqu'un a-t-il encore un peu d'haleine,
      Parmi tant de joyeux et robustes garçons
      Qui, ce matin, riaient et chantaient à voix pleine
      Comme des merles dans l'épaisseur des buissons ?

      Tous sont muets. Mon casque est rompu, mon armure
      Est trouée, et la hache a fait sauter ses clous.
      Mes yeux saignent. J'entends un immense murmure
      Pareil aux hurlements de la mer ou des loups.

      Viens par ici, Corbeau, mon brave mangeur d'hommes !
      Ouvre-moi la poitrine avec ton bec de fer.
      Tu nous retrouveras demain tels que nous sommes.
      Porte mon coeur tout chaud à la fille d'Ylmer.

      Dans Upsal, où les Jarls boivent la bonne bière,
      Et chantent, en heurtant les cruches d'or, en choeur,
      À tire d'aile vole, ô rôdeur de bruyère !
      Cherche ma fiancée et porte-lui mon coeur.

      Au sommet de la tour que hantent les corneilles
      Tu la verras debout, blanche, aux longs cheveux noirs.
      Deux anneaux d'argent fin lui pendent aux oreilles,
      Et ses yeux sont plus clairs que l'astre des beaux soirs.

      Va, sombre messager, dis-lui bien que je l'aime,
      Et que voici mon coeur. Elle reconnaîtra
      Qu'il est rouge et solide et non tremblant et blême
      Et la fille d'Ylmer, Corbeau, te sourira !

      Moi, je meurs. Mon esprit coule par vingt blessures.
      J'ai fait mon temps. Buvez, ô loups, mon sang vermeil.
      Jeune, brave, riant, libre et sans flétrissures,
      Je vais m'asseoir parmi les Dieux, dans le soleil !

      http://lutecium.org/stp/cochonfucius/millesime.ht

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