Œuvre
La recherche passionnément (2001)
Face à la croissance explosive des techniques de communication de l'information, les capacités de notre cerveau d'acquérir, de stocker, d'assimiler et d'émettre de l'information sont restées inchangées.
Tenter d'imposer d'une manière exclusive une certaine conception de la recherche limitera l'aptitude de la science à s'adapter à un avenir que personne n'est en mesure de prévoir.
Toute certitude est par essence contradictoire avec la philosophie de la recherche.
Une société qui survit en créant des besoins artificiels pour produire efficacement des biens de consommation inutiles ne paraît pas susceptible de répondre à long terme aux défis posés par la dégradation de notre environnement.
La recherche fondamentale ne peut être pratiquée que dans un climat de liberté intellectuelle.
La vocation première d'un chercheur est de créer de l'information nouvelle et non pas de manipuler d'une manière de plus en plus élaborée l'information déjà disponible.
Le progrès nait de la diversité des cultures et de l'affirmation des personnalités.
Seule une meilleure compréhension du monde qui nous entoure permettra de répondre aux interrogations et aux angoisses de l'ensemble des hommes.
Une société n'offrant comme perspective qu'une compétition sans merci où les soi-disant meilleurs gagnent en écrasant les plus faibles et les moins combatifs ne me semble pas porter l'espoir d'un avenir particulièrement radieux.
L'histoire des sciences nous montre que les concepts nouveaux se sont heurtés à l'incompréhension et même au rejet de la part des élites.
Le chercheur doit être libre de tenter des expériences audacieuses, de soutenir des théories révolutionnaires, voire paradoxales. Il doit disposer du droit à l'erreur.
La recherche comporte et comportera toujours une part importante d'activité créatrice.
Une expérience bien conçue et bien conduite procure un plaisir comparable à celui qu'éprouve l'artisan devant un travail bien fait.
Les femmes, probablement pour des raisons culturelles, manifestent généralement moins de goût à l'exercice du pouvoir que les hommes qui, de toute façon, ne sont pas disposés à le leur abandonner.
Les grands découvreurs sont ceux qui savent profiter de la chance quand elle s'offre à eux.
Toute avancée des connaissances génère autant d'interrogations qu'elle apporte de réponses.
La création, comme la vie, est par définition un processus hors équilibre qui nécessite un certain degré de confinement.
Le danger qui menace les chercheurs aujourd'hui serait de conclure qu'il n'y a plus rien à découvrir.
Une confrontation permanente entre théorie et expérience est une condition nécessaire à l'expression de la créativité.
Il est impossible de prédire les conséquences positives ou négatives du progrès de nos connaissances.