La situation était grave, mais qu'est-ce que cela prouvait? Cela prouvait qu'il fallait des mesures encore plus exceptionnelles.
Un arrêté préfectoral expropria les occupants des concessions à perpétuité et l'on achemina vers le four crématoire tous les restes exhumés.
La toux se fit de plus en plus rauque et tortura le malade toute la journée. Le soir enfin, le Père expectora cette ouate qui l'étouffait. Elle était rouge.
Les foyers d'infection sont en extension croissante. A l'allure où la maladie se répand, si elle n'est pas stoppée, elle risque de tuer la moitié de la ville avant deux mois.
Le pouls devient filiforme et la mort survient à l'occasion d'un mouvement insignifiant.
Le fléau n'est pas à la mesure de l'homme, on se dit donc que le fléau est irréel, c'est un mauvais rêve qui va passer.
Hâtivement, les corps étaient jetés dans les fosses. Ils n'avaient pas fini de basculer que les pelletées de chaux s'écrasaient sur leurs visages et la terre les recouvrait de façon anonyme.
Alors que le prix de toutes choses montait irrésistiblement, on n'avait jamais tant gaspillé d'argent, et quand le nécessaire manquait à la plupart, on n'avait jamais mieux dissipé le superflu.
Sa seule tâche, en vérité, était de donner des occasions à ce hasard qui, trop souvent, ne se dérange que provoqué.
Les malades mouraient loin de leur famille et on avait interdit les veillées rituelles, si bien que celui qui était mort dans la soirée passait sa nuit tout seul.
Quand une guerre éclate, les gens disent: Ca ne durera pas, c'est trop bête. Et sans doute une guerre est certainement trop bête, mais cela ne l'empêche pas de durer. La bêtise insiste toujours, on s'en apercevrait si l'on ne pensait pas toujours à soi.
L'amour demande un peu d'avenir, et il n'y avait plus pour nous que des instants.
Ce que l'on apprend au milieu des fléaux, c'est qu'il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.
L'âme du meurtrier est aveugle et il n'y a pas de vraie bonté ni de bel amour sans toute la clairvoyance possible.
Quand une guerre éclate, les gens disent: «Ca ne durera pas, c'est trop bête.» Et sans doute une guerre est certainement trop bête, mais cela ne l'empêche pas de durer. La bêtise insiste toujours, on s'en apercevrait si l'on ne pensait pas toujours à soi.
Ce qui est naturel, c'est le microbe. Le reste, la santé, l'intégrité, la pureté, si vous voulez, c'est un effet de la volonté et d'une volonté qui ne doit jamais s'arrêter.
J'ai compris que tout le malheur des hommes venait de ce qu'ils ne tenaient pas un langage clair.
Il y a chez les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.
Que ce monde sans amour était comme un monde mort et qu'il vient toujours une heure où on se lasse des prisons, du travail et du courage pour réclamer le visage d'un être et le coeur émerveillé de la tendresse.
On me disait que quelques morts étaient nécessaires pour amener un monde où l'on ne tuerait plus.
Les religieux n'ont pas d'amis. Ils ont tout placé en Dieu.
Il y a toujours plus prisonnier que moi.
Il y a toujours plus prisonnier que moi était la phrase qui résumait alors le seul espoir possible.
L'homme n'est pas une idée.
Quelques sonneries de clairon dans le ciel encore doré témoignaient seulement que les militaires se donnaient l'air de faire leur métier.