Œuvre

La Ligne noire

Nous associons toujours psychiatrie et croyance. Il n'est d'ailleurs pas dit que cela soit moins efficace qu'une vision strictement clinique. Dans la mesure où un patient croit aux diables qui le possèdent, on peut dire qu'ils existent, non ? La raison n'est qu'un certain réglage de la lucidité. Tout est vrai, puisque tout est perception
La peur, c'est comme le froid, il faut bouger, s'agiter pour ne pas se laisser emprisonner par elle.
Il ne l'écoutait pas : il planait. Il ne l'aimait pas : il lui vouait un culte. Il n'avait qu'un souhait : vivre auprès d'elle, accompagner cette beauté jusqu'au bout, comme on effectue un pèlerinage. Il voulait voir apparaître ses rides, apprivoiser sa beauté, sans chercher à la comprendre, ni à percer son secret. Il espérait simplement s'intégrer à son histoire, comme un prêtre s'assimile à la foi, à force de prières, sans saisir les desseins de Dieu.
Seule une blessure qu'on cache affaiblit.
Il haïssait le football. On lance une balle à un chien, pas à un homme.
Un rite a besoin d'un espace particulier. Un lieu sacré où chaque geste revêt un sens supérieur, où chaque mouvement est un symbole.
Dans l'univers de la mode, à une certaine altitude, la tendance beauf est une valeur sûre. L'équivalent de l'ironie, mais dans un monde sans humour.
La prison n'est pas fondée sur un système d'entraide ou de solidarité. C'est un monde où les intérêts personnels cohabitent, sans se mêler. A l'occasion, ils peuvent s'accorder sur un objectif commun, mais la règle est de ne jamais sortir de son propre cercle d'existence. Une logique de rats, où l'intelligence ne s'applique qu'à sa survie immédiate
Il écoutait l'océan, dans une relation d'intimité complète. Une autre idée reçue : le silence de la mer. A cette profondeur, la masse sans limite des fonds compressait, cristallisait chaque son, au point de le transformer en un objet matériel, translucide, aux arêtes de verre.