Œuvre
La Jeune Fille et la nuit (2018)
J'étais un adepte de l'axiome de García Márquez : « Tout le monde a trois vies : une vie publique, une vie privée et une vie secrète. »
L'amour est tout où il n'est rien.
Le plus souvent, le destin est un salopard pervers et vicieux qui prend son pied en broyant la vie des plus faibles alors que tant de connards mènent une existence longue et heureuse.
Il ne faut pas trop demander aux livres. Ils vous racontent des histoires, vous font vivre par procuration des bribes d'existence, mais ils ne vous prendront jamais dans leurs bras pour vous consoler lorsque vous avez peur.
Elle cita Stendhal et son processus de cristallisation amoureuse : « Au moment où vous commencez à vous occuper d'une femme, vous ne la voyez plus telle qu'elle est réellement, mais telle qu'il vous convient qu'elle soit. »
Mais avec le temps leur couple semblait mieux assorti. C'était l'effet normalisateur de la vieillesse: elle fanait les beautés trop éclatantes et donnait parfois de la patine et du lustre à des physiques plus banals.
Gardez votre exigence. Gardez ce qui fait de vous un garçon différent des autres. Et protégez-vous des cons. Dans la lignée des stoïciens, n'oubliez pas que la meilleure manière de vous défendre d'eux, c'est d'éviter de leur ressembler.
Les échanges, les retrouvailles, les souvenirs nous rappellent d'où l'on vient et sont indispensables pour savoir où l'on va.
Choisissez bien vos batailles. Toutes ne méritent pas d'être menées.
Très jeune, grâce aux livres, j'avais compris que je ne serai jamais seul.
Si la vie est une guerre, je ne viens pas seulement d'encaisser un assaut. Dans les tranchées de l'existence, je viens de me faire cisailler le ventre a la baïonnette. Obligé de capituler sans condition dans la plus douloureuse des batailles.
J'ai déjà vu quantité de cons essayer de se faire passer pour plus futés, mais c'est la première fois que je vois un homme intelligent vouloir passer pour un con.
Un moment, je m'étais fait croire que les livres pouvaient me guérir de ce sentiment d'abandon et d'apathie, mais il ne faut pas trop demander aux livres. Ils vous racontent des histoires, vous font vivre par procuration des bribes d'existence, mais ils ne vous prendront jamais dans leurs bras pour vous consoler lorsque vous avez peur.
Mais la jeune fille se foutait du futur. L'amour est tout ou il n'est rien.
Seul comptait l'instant présent.
Toi, tu vis dans un monde littéraire et romantique, mais la vraie vie, ce n'est pas ça. La vie, c'est violent.
La vie m'a appris que beaucoup de problèmes peuvent être vaincus par la réflexion.
Seuls les coups dans la gueule vous apprennent réellement la vie.
Le roman le plus médiocre a sans doute plus de valeur que la critique qui le dénonce comme tel.
Ne nous abaissons pas à fréquenter la médiocrité, car c'est une maladie contagieuse.
Au moment même où je les vivais, je savais que la grâce de ces moments était pareille à une bulle de savon. Toujours sur le point d'exploser.
Je me sens bien. La vie me fait moins peur. Vous pouvez m'attaquer, vous pouvez me juger, vous pouvez me ruiner. J'aurai toujours à portée de main un vieux Bic mâchouillé et un bloc-note froissé. Mes seules armes. A la fois dérisoires et puissantes. Les seules sur lesquelles j'ai toujours pu compter pour m'aider à traverser la Nuit.
Parfois, pendant quelques heures, la fiction est vraiment plus forte que la réalité. C'est peut-être le privilège des artistes en général et des romanciers en particulier : être quelquefois capables de gagner leur combat contre le réel.
Il n'y a qu'une seule façon de mentir, c'est de nier la vérité : c'est que la vérité soit exterminée par ton mensonge jusqu'à ce que ton mensonge devienne la vérité.
Les baguettes magiques existent. Pour moi, elles prenaient la forme d'un Bic Cristal. Pour un franc cinquante, on vous donnait accès à un instrument capable de transfigurer la réalité, de la réparer, voire de la nier.
Inutile de montrer au monde ce à quoi nous tenons vraiment, car cela nous rend trop vulnérables.