Œuvre
La Cité antique (1864)
La prière et l'offrande n'étaient adressées par chacun qu'à ses pères. Le culte des morts était véritablement le culte des ancêtres.
L'argent parut. Or l'apparition de l'argent était une grande révolution.
Jusque-là les hommes n'avaient compris l'autorité que comme un appendice du sacerdoce.
La famille s'est approprié cette terre en y plaçant ses morts; elle s'est implantée là pour toujours.
Les archontes athéniens, le jour de leur entrée en charge, montaient à l'Acropole, la tête couronnée de myrte, et ils offraient un sacrifice à la divinité poliade.
La loi a dorénavant pour principe l'intérêt des hommes, et pour fondement l'assentiment du plus grand nombre.
La famille antique est une association religieuse plus encore qu'une association de nature.
L'homme peut bien dompter la nature, mais il est assujetti à sa pensée.
Pour nous la maison est seulement un domicile, un abri; nous la quittons et l'oublions sans trop de peine, ou, si nous nous y attachons, ce n'est que par la force des habitudes et des souvenirs.
Il est attesté par tous les juriconsultes anciens que deux hommes ne pouvaient être agnats ...
Si l'on veut définir le citoyen des temps antiques par son attribut le plus essentiel, il faut dire que c'est l'homme qui possède la religion de la cité.
Un magistrat en charge, c'est-à-dire un homme déjà en possession du caractère sacré et des auspices, indiquait parmi les jours fastes celui où le consul devait être nommé.
La maison d'un grec ou d'un romain renfermait un autel; sur cet autel il devait y avoir toujours un peu de cendre et des charbons allumés. C'était une obligation sacrée pour le maître de chaque maison d'entretenir le feu jour et nuit.
Les enfants nés de l'union d'un citoyen avec une étrangère étaient réputés bâtards.
Regardez les institutions des anciens sans penser à leurs croyances, vous les trouverez obscures, bizarres, inexplicables.
S'il est quelquefois possible à l'homme de changer brusquement ses institutions politique, il ne peut changer ses lois et son droit privé qu'aveclenteur et par degrés.
On reconnaissait le citoyen à ce qu'il avait part au culte de la cité, et c'était de cette participation que lui venaient tous ses droits civils et politiques.
Lorsque la série des révolutions eut amené l'égalité entre les hommes et qu'il n'y eut plus lieu de se combattre pour des principes et des droits, les hommes se firent la guerre pour des intérêts.
Après une si longue compression la démocratie ne devait pas s'arrêter à des réformes politiques.
Les Grecs n'ont jamais su concilier l'égalité civile avec l'inégalité politique.
Ce feu était quelque chose de divin; on l'adorait, on lui rendait un véritable culte.
Les règles constitutives de cette monarchie furent très simples, et il ne fut pas nécessaire de les chercher longtemps; elles découlèrent des règles mêmes du culte.
Dans ces archives les faits étaient religieusement déposés à mesure qu'ils se produisaient.
Dans les problèmes difficiles que l'histoire offre souvent, il est bon de demander aux termes de la langue tous les enseignements qu'ils peuvent donner. Une institution est quelquefois expliquée par le mot qui la désigne.
Beaucoup d'hommes avaient intérêt à détruire une organisation sociale qui n'avait pour eux aucun bienfait.