Œuvre
La Ballade de Lila K (2010)
C'est cela, sans doute, faire son deuil: accepter que le monde continue, inchangé, alors même qu'un être essentiel à sa marche en a été chassé. Accepter que les lignes restent droites et les couleurs intenses. Accepter l'évidence de sa propre survie.
L'habitude crée des liens que l'on ne défait pas impunément.
La censure qui se drape dans le principe de précaution !
Vous parler, créer un lien, aurait été contraire à mes principes. On sait où ça commence, jamais où ça s'arrête, et je ne voulais prendre aucun risque, vous comprenez ?
Comme retour à la vie, ce n'était pas très glorieux, mais vous savez ce qu'on dit c'est le premier pas qui compte.
La culpabilité, il n'y a que ça de vrai. Arrangez-vous pour que les autres se sentent toujours un peu coupables à votre égard, et vous obtiendrez tout ce que vous voulez.
J'ai soudain vu le livre s'ouvrir entre ses mains, éclater en feuillets, minces, souples et mobiles. C'était comme une fleur brutalement éclose, un oiseau qui déploie ses ailes.
Je me moquais un peu du contenu des livres. Ce que je recherchais surtout, c'est le pouvoir qu'ils m'accordaient. J'arrivais grâce à eux à m'absoudre de ma vie.
J'aime le noir : l'espace qui s'annule, les objets qui s'effacent, et cette douceur qui tombe sur les yeux, les apaise, les nettoie des scories de lumière que le jour y dépose.
Tout ce que vous faites, vous le faites pour mon bien, même si j'ai parfois du mal à m'en apercevoir.
Parfois c'est le hasard qui décide pour nous. Ensuite, selon les conséquences, on appelle ça la chance, ou le mauvais sort. Ou les deux à la fois.