J'aime le noir : l'espace qui s'annule, les objets qui s'effacent, et cette douceur qui tombe sur les yeux, les apaise, les nettoie des scories de lumière que le jour y dépose.
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Parfois c'est le hasard qui décide pour nous. Ensuite, selon les conséquences, on appelle ça la chance, ou le mauvais sort. Ou les deux à la fois.
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J'ai soudain vu le livre s'ouvrir entre ses mains, éclater en feuillets, minces, souples et mobiles. C'était comme une fleur brutalement éclose, un oiseau qui déploie ses ailes.
Mais au fond, elle sait bien que ça n'a rien de fou c'est seulement la vie : on vient chercher une chose, et on en trouve une autre, à laquelle on ne s'attendait pas.
C'est comme un spectacle, tu comprends ? Une pièce de théâtre. Nous sommes les personnages principaux, et les invités sont à la fois les figurants et les spectateurs. Pour que ça soit réussi, tout doit être réglé au millimètre.
La mémoire, on sait ce que c'est : ça va, ça vient, ça bat la campagne, et puis un beau jour, ça s'en va pour de bon et il n'y a plus personne.
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C'est cela, sans doute, faire son deuil: accepter que le monde continue, inchangé, alors même qu'un être essentiel à sa marche en a été chassé. Accepter que les lignes restent droites et les couleurs intenses. Accepter l'évidence de sa propre survie.
L'habitude crée des liens que l'on ne défait pas impunément.
La censure qui se drape dans le principe de précaution !
Vous parler, créer un lien, aurait été contraire à mes principes. On sait où ça commence, jamais où ça s'arrête, et je ne voulais prendre aucun risque, vous comprenez ?
Comme retour à la vie, ce n'était pas très glorieux, mais vous savez ce qu'on dit c'est le premier pas qui compte.