Œuvre

L'Homme révolté (1951)

Plutôt mourir debout que de vivre à genoux.
La conscience vient au jour avec la révolte.
Ce n'est pas la révolte en elle-même qui est noble, mais ce qu'elle exige, même si ce qu'elle obtient est encore ignoble.
La logique du révolté est de vouloir servir la justice pour ne pas ajouter à l'injustice de la condition, de s'efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel et de parier, face à la douleur des hommes, pour le bonheur.
L'arc se tord, le bois crie. Au sommet de la plus haute tension va jaillir l'élan d'une droite flèche, du trait le plus dur et le plus libre.
Peut-on, loin du sacré et de ses valeurs absolues, trouver la règle d'une conduite ? telle est la question posée par la révolte.
Il ne peut y avoir pour l'esprit humain que deux univers possibles : celui du sacré et celui de la révolte.
L'art est une exigence d'impossible mise en forme.
Le style d'un peintre est dans cette conjonction de la nature et de l'histoire.
Tout le malheur des hommes vient de l'espérance qui les arrache au silence de la citadelle, qui les jette sur les remparts dans l'attente du salut.