Œuvre
L'Extase matérielle (1967)
On ne se suicide pas parce que la vie est absurde, ou parce qu'on est abandonné. Ces raisons-là viennent après.
Tout ce qui ne va pas dans le sens de l'adhésion au réel n'est que remâchonnement de théories usées, abstraction, décollement. Il y a mille façons d'exprimer ce qui est, mais il n'y a qu'une raison de ne pas fuir.
De plus en plus, actuellement, on tend vers une expression unique de l'art, qui doit être quelque chose comme une approche de la conscience humaine. L'affabulation se risque vers la science, et la science retrouve les mythes.
Est-ce qu'une pensée, d'un individu à l'autre, d'un siècle à l'autre s'affine? Elle change, cela est sûr, elle s'adapte. Mais progresse-t-elle?
Les affrontements, le désespoir ou l'angoisse n'ont pas tant de force que la cohésion et le sens de la survie.
Dans ce monde hermétique, il n'y a rien qui vienne vous faire rire du destin. On ne peut s'aider de rien. Le doute règne partout.
Le silence est l'aboutissement suprême du langage et de la conscience.
Chaque chose porte en soi son infini. Mais cet infini a un corps, il n'est pas une idée.