Les affrontements, le désespoir ou l'angoisse n'ont pas tant de force que la cohésion et le sens de la survie.

À lire aussi de J. M. G. Le Clézio

On me reprochera certainement des quantités de choses. D'avoir dormi là, par terre, pendant des jours ; d'avoir sali la maison, dessiné des calmars sur les murs, d'avoir joué au billard. On m'accusera d'avoir coupé des roses dans le jardin, d'avoir bu de la bière en cassant le goulot des bouteilles contre l'appui de la fenêtre : il ne reste presque plus de peinture jaune sur le rebord en bois. J'imagine qu'il va falloir passer sous peu devant un tribunal d'hommes ; je leur laisse ces ordures en guise de testament ; sans orgueil, j'espère qu'on me condamnera à quelque chose, afin que je paye de tout mon corps la faute de vivre...
Écrire seulement sur les choses qu'on aime. Écrire pour lier ensemble, pour rassembler les morceaux de la beauté. Alors les arbres qui sont les mots, les rochers, l'eau, les étincelles de lumière qui sont dans les mots, ils s'allument, ils brillent à nouveau, ils sont purs, ils s'élancent, ils dansent !
C'est cela le travail du cinéma, de nous montrer l'inachevé dans le temporel, l'infini dans l'éphémère.
Est-ce qu'une pensée, d'un individu à l'autre, d'un siècle à l'autre s'affine? Elle change, cela est sûr, elle s'adapte. Mais progresse-t-elle?
Les plaques d'isorel recouvrent les paroles, les conditionneurs d'air ronflent dans les murs, et c'est peut-être du HCN qui sort de leurs bouches à grilles.
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Dans la même œuvre

L'art est sans doute la seule forme de progrès qui utilise aussi bien les voies de la vérité que celles du mensonge.
L'écriture est la seule forme parfaite du temps.
L'artiste est celui qui nous montre du doigt une parcelle du monde.
Quand je m'abandonne à mes propres coups, qui pourrait me sauver?
Dans la salle d'abattoir blanche et rouge, frappe le coup sourd du marteau au clou acéré qui entre très vite dans la nuque du boeuf.