Œuvre

L'Etrange Vie de Nobody Owens (2009)

Ils se prirent par la main, les vivants avec les morts, et se mirent en mouvement.
La peur, c'est contagieux. Ca s'attrape. Parfois, il suffit que quelqu'un vous dise qu'il a peur pour que cela devienne réel.
Il y avait au bord des lèvres de Silas quelque chose qui aurait pu être un sourire, et qui aurait pu être un regret, et n'était peut-être qu'un tour que jouaient les ombres.
Flotter et s'effacer, mon garçon, ainsi que font les morts. Flotter entre les ombres. S'effacer de la conscience.
Il faudra plus que deux bonnes âmes pour l'aider. Il faudra, dit Silas, tout un cimetière.
Les gens sont volontaires pour oublier ce qui ne peut pas être. Cela rend leur monde plus sûr.
De tous les organes, déclara Nehemiah Trot, la langue est le plus remarquable. Car si nous en usons pour goûter les vins fins comme les poisons amers, c'est elle aussi, cette même langue, qui forge les mots les plus doux comme les plus cruels.
Le Jack était avant toute chose un professionnel, c'était du moins son opinion : il ne s'autorisait à sourire qu'une fois le travail achevé.
Mais il s'en allait défier le monde derrière le mur d'enceinte, il devrait se fondre dans la population.
Je veux voir la vie, dit Bod. Je veux la tenir entre mes mains. Je veux laisser une trace de pas sur le sable d'une île déserte.
C'est comme les gens qui s'imaginent qu'ils seront plus heureux en allant vivre ailleurs, mais qui apprennent que ça ne marche pas comme ça. Où qu'on aille, on s'emmène avec soi.