Œuvre
L'Ane Culotte (1937)
Les communiantes, le nez en l'air, la bouche grande ouverte, envoyaient vers Dieu des cantiques, et une fillette habillée de blanc distribuait des petits pains chauds à la porte de l'église.
L'homme ne disait mot, mais son regard ne bougeait pas.
Là, avec nous, vivaient patriarcalement encore, deux braves serviteurs, comme hélas! on n'en rencontre plus guère aujourd'hui.
C'étaient de beaux pantalons de velours brun, côtelé, luisant, attachés au poitrail et au cou par des bretelles de cuir bien astiquées.
Si M. Cyprien, j'avais appris, par bribes, soit à l'école, soit même à la maison, pas mal de choses.
C'était un grand chien des hautes terres, à longs poils, avec des crocs durs et un air de franchise au combat qui rassurait.
Je débouchai sur le bord d'une clairière éblouissante creusée dans un affaissement du sol et tout entière entourée d'arbres.
Le boulanger déposa trois énormes pains bis et un sac de son dans le couffin de droite.
Je compris tout à coup qu'elle ne pouvait pas s'échapper. Il l'avait enchantée comme une bête.
Mes doigts s'engluaient dans la gomme.
Je parie que tu as encore un trou à ta culotte. C'est toujours à recommencer! je raccommode et monsieur troue! Il troue en haut, il troue en bas, il troue au genou, il troue sur la cuisse, il troue au derrière!
On ne s'étonne pas assez de vivre. Il m'a répondu : - Vous avez raison, et le plus étrange, c'est qu'on s'étonne ensuite de mourir.