Œuvre
Interview Le Figaro février 2010
Un plat unique comme un pot-au-feu, une volaille, une bonne bouteille, avec deux, trois copains. C'est cela aussi le bonheur : la simplicité.
C'est formidable d'ouvrir des restaurants ! Pour doubler le bonheur, il faut le partager !
Quand je commande un poulet, je n'ai pas besoin que le maître d'hôtel me parle du grand-père du poulet. Pareil pour les sommeliers. La seule question qui vaille est : « C'est bon ? », ou « Vous avez eu du plaisir à la boire ? »
J'aime les assiettes identifiables. S'il y a besoin d'une explication de la gauche jusqu'à la droite, cela ne m'intéresse pas.
Il faut plutôt la laisser vivre, la recette. De toute façon, on ne cuisine jamais deux fois pareil. Je ne travaille pas à la proportion, au grammage mais à l'instinct, à l'envie. À l'intuition.
La bonne cuisine n'est pas forcément chère. Moi je suis par exemple pour les assiettes simples et rondes mais regardez le foisonnement des modèles : carrée, creuse, ovoïdes, plates…Les restaurateurs ont fait la fortune des porcelainiers.
Il se peut qu'il ne reste rien de tout ce que j'ai fait. Qui se souvient du nom du chef de Maxim's à la grande époque ? J'aimerais que l'on garde de moi l'idée que j'ai crée l'école d'Ecully et les Bocuse d'Or.
La mort, finalement, ça arrive à tout le monde. La vie, c'est la mort. Je pense que j'ai bien fait mon boulot, donc je peux mourir tranquille.