Œuvre

France Culture, A voix nue, 23 novembre 1989.

On ne pense pas en faisant un film. Un peintre, un peu... encore que pas beaucoup. Et les trois quarts des peintres sont idiots et ivrognes. Un romancier, pas du tout : il doit tout penser. Ce n'est pas du tout la même chose.
Au cinéma on ne pense pas. On est pensé. On organise, on est, on participe par les mains les bras, la manière dont on met une camera, dont on dit à quelqu'un de faire ceci... mais on pense assez peu.
Il y avait un peu un mépris de la pensée. Les Cahiers ont été les premiers sous l'influence des philosophes français à un peu apporter ceci, à dire : N'oublions pas qu'on pense avec le cinéma quand on en fait.
Les Français sont des scénaristes à idées et en général ça fait des films infects.